3 questions à : Ismail Ben Achour, Directeur RSE chez ECA
3 questions à : Ismail Ben Achour, Directeur RSE chez ECA
À l’occasion des Rencontres de la Fondation Université Paris Nanterre, consacrées cette année aux enjeux d’impact et de responsabilité sociale et environnementale (RSE), Ismail Ben Achour, Directeur RSE chez ECA, cabinet spécialisé en audit, expertise comptable, conseil juridique, fiscalité, gestion sociale et RSE. Egalement diplômé de l’Université Paris Nanterre, il partagera son regard sur les transformations environnementales et le rôle des entreprises face aux défis contemporains.
Parcours et engagement
Ismail Ben Achour est Directeur RSE chez ECA. Alumni de l’Université Paris Nanterre en philosophie, il a construit un parcours singulier et pluridisciplinaire, en se formant également à la climatologie et à la géopolitique du changement climatique à la Sorbonne, à l’ingénierie du bâtiment durable au CESI, ainsi qu’à la finance durable à SKEMA Business School.
Fort de près de 20 ans d’expérience, il a évolué au sein d’acteurs publics et privés de référence — de la Communauté Paris-Saclay à des groupes et cabinets spécialisés tels que GreenYellow, ARP-Astrance, Etyo ou EthiFinance — avant de rejoindre Egis pour piloter les enjeux ESG et climat, et aujourd'hui le cabinet ECA en tant que Directeur RSE.
À la croisée des sciences, de l’ingénierie et de la finance, il développe une approche globale et opérationnelle des transitions, accompagnant la transformation des organisations, des projets et des territoires face aux défis environnementaux et sociaux. Son parcours lui permet de porter une vision intégrée des enjeux de durabilité, articulant stratégie, mise en œuvre et montée en compétence des acteurs.
Une vision globale du développement durable
Pourquoi avoir accepté de participer à cette table ronde ?
"J’ai accepté de participer à cette table ronde parce qu’elle me semble toucher à un point essentiel, encore trop peu explicité lorsque l’on parle de RSE : la nécessité d’une formation et d’un dialogue réellement transversaux pour rendre le développement durable opérant.
À mes yeux, les enjeux de développement durable ne peuvent pas être déployés sérieusement si l’on reste enfermé dans des expertises segmentées ou dans des lectures partielles des sujets. Leur mise en œuvre concrète, opérationnelle et technique suppose au contraire une vision holistique et à 360°, capable d’articuler des disciplines, des savoirs et des pratiques qui dialoguent encore trop peu entre eux : sciences humaines et sociales, ingénierie, stratégie, finance, gouvernance, transformation des organisations, climat, dimensions sociales et territoriales.
C’est aussi pour cela que je trouve particulièrement fécond le lien entre recherche partenariale et RSE. Il permet de créer un véritable continuum épistémologique entre production de connaissance, compréhension des systèmes, capacité d’action et mise en œuvre de solutions.
Pour moi, la RSE n’a de portée réelle que si elle sort des silos, relie les expertises et devient une intelligence pratique de la transformation.
Nanterre, un socle intellectuel structurant
Quel souvenir avez-vous de l’Université Paris Nanterre ?
"Ma licence de philosophie à l’Université Paris Nanterre est venue clore un cycle de formation littéraire, mais elle a surtout ouvert quelque chose de beaucoup plus large dans ma trajectoire.
Elle m’a donné accès à la richesse des sciences humaines et sociales, à leur profondeur critique, à leur capacité à mettre en perspective les systèmes de pensée, les représentations, les structures d’action et les façons d’habiter le monde.
Avec le recul, je mesure combien cette étape a constitué un terreau fécond pour la carrière que j’ai ensuite construite dans le développement durable.
Car les enjeux de durabilité ne sont jamais uniquement techniques. Ils engagent toujours des visions du monde, des arbitrages, des rapports au vivant, des organisations collectives, des récits de progrès et des manières de définir la valeur. La philosophie, et plus largement l’ouverture intellectuelle que j’ai trouvée à Nanterre, m’ont appris à ne pas dissocier les questions opérationnelles de leurs fondements humains, sociaux, politiques et culturels. C’est sans doute l’un des héritages les plus structurants de mon passage à l’université."
Repenser la finalité de l’entreprise
Votre regard sur le rôle des entreprises face aux enjeux environnementaux et sociaux ?
"Je pense que la RSE, indépendamment des stop and go réglementaires, des cycles économiques ou des formes de frilosité que l’on peut observer selon les périodes, doit rester d’abord une conviction.
Cette conviction, c’est celle de replacer l’homme et le vivant au cœur d’une création de valeur durable, soutenable et profondément humaniste.
Autrement dit, la RSE ne devrait pas être regardée comme un simple exercice de conformité, ni comme un supplément de communication, mais comme une manière de repenser plus fondamentalement la finalité de l’entreprise, ses critères de performance et sa responsabilité dans les transformations en cours.
De ce point de vue, je crois que les entreprises ont un rôle majeur à jouer. Elles peuvent être des lieux d’accélération de la transition, à condition d’accepter une lecture plus globale de leur performance, intégrant pleinement les dimensions environnementales, sociales, humaines et territoriales. C’est aussi pour cela que j’accorde une place importante à la social valuation : elle permet de mieux reconnaître, qualifier et piloter la valeur sociale créée ou détruite, et donc de réinscrire la transformation responsable dans une perspective de performance réellement globale."
Chaque année, les Rencontres de la Fondation Université Paris Nanterre réunissent alumni, universitaires et partenaires autour des grands enjeux contemporains.
Retrouvez Ismail Ben Achour lors des Rencontres de la Fondation Université Paris Nanterre, le 2 juin 2026.
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