Paroles d'Alumni : Inès Aklouf, Directrice des affaires médicales au Centre hospitalier de Dreux - Partie 2
Découvrez la richesse et la diversité des parcours des anciennes étudiantes et anciens étudiants de l’Université Paris Nanterre dans notre rubrique Paroles d’Alumni.
Ce portrait en deux parties a été réalisé par Chiara Pinto Perez, étudiante en Licence Administration Économique et Sociale, dans le cadre d’un projet Alumni encadré par Audrey Maurin, en collaboration avec le réseau Paris Nanterre Alumni. Un grand merci à Chiara pour son investissement tout au long de ce projet !
🎓 Paroles d’alumni – Inès Aklouf : diriger à l’hôpital, entre exigence, bienveillance et engagement
Dans le premier épisode de son portrait, Inès Aklouf revenait sur son parcours, les enseignements qui ont marqué ses années à l’Université Paris Nanterre et sa vision du réseau Alumni.
Dans ce second épisode, la Directrice des affaires médicales du Centre hospitalier de Dreux nous entraîne au cœur de son quotidien professionnel. Elle partage les réalités humaines et émotionnelles de l’hôpital, sa conception du management et les valeurs qui l’ont conduite à choisir le service public.
Pouvez-vous nous expliquer une journée type ?
Elle commence à 8h30 par un tour de mon service administratif pour "donner le tempo" aux équipes et signer les documents urgents.
Mes journées sont rythmées par des réunions de concertation et des échanges constants avec le Directeur Général.
Un moment clé : je déjeune une fois par semaine avec les soignants et médecins d’un de mes pôles, le pôle psychiatrie adulte.
C’est essentiel pour briser la glace, montrer que la direction est accessible et partager des moments simples, hors hiérarchie.
Qu’est-ce qui vous a le plus surprise lorsque vous avez pris vos fonctions ?
Le choc de la réalité émotionnelle.
On m’avait prévenue que l’hôpital était un "monde de violence" et j’ai découvert un univers d'enjeux de pouvoir et de relations quasi familiales.
Les liens y sont si forts que lorsque les conflits éclatent, la charge émotionnelle est difficile à contenir.
Gérer l'imprévisibilité des comportements et la compétition, même au sein d'une équipe de direction, a été un véritable apprentissage après la protection reçue en tant qu’élève directrice d’hôpital pendant mes années d'école.
Quelle est la partie la plus complexe de votre travail ?
La gestion des conflits humains.
C’est frustrant car on n’a jamais totalement "la main". On peut penser avoir réglé un problème un jour, et le voir repartir de plus belle le lendemain.
C’est une matière mouvante qui demande une patience importante.
Quelles sont les compétences essentielles pour exercer ce métier ?
Il y a la technique (budgets, indicateurs, contrats), mais ce n’est pas le plus important.
Le cœur du métier, c’est le relationnel. Il faut savoir créer un lien de confiance avec les médecins, qui sont des gens très exigeants, il faut veiller ne pas briser ce lien.
Ma boussole quotidienne tient en deux mots : Exigence et Bienveillance. L'un ne va pas sans l'autre.
Il faut être exigeant envers soi-même et les autres, mais rester bienveillant et pédagogue.
Si on se contente de dire "c'est la loi" sans adapter la règle à la réalité du terrain, ça ne marche jamais.
Mon rôle est justement de trouver des solutions pour appliquer la réglementation en respectant les organisations.
Quel a été le moment le plus difficile de votre parcours ?
L'attente après le concours de directrice d'hôpital.
Notamment à cause d’une mauvaise note en langue, j'étais sur liste complémentaire.
Passer un an et demi à réviser sans savoir si on sera finalement admis est une épreuve psychologique très rude.
Pourquoi avoir choisi le secteur public ?
C'est une question de valeurs.
Je suis engagée et j'ai besoin de cohérence entre mon travail et mes idées.
Mon père est aide-soignant et ma mère gestionnaire administrative à l'hôpital ; je suis fière d'être devenue directrice d’hôpital grâce à l'université publique.
C’est une école du mérite qui permet d’accéder à des postes de hautes responsabilités sans avoir à payer des prépas privées hors de prix.
Referiez-vous le même choix avec le recul ?
Oui.
Être titulaire de la fonction publique offre une liberté et une protection de l’emploi.
Le seul point difficile, c'est le poids des responsabilités qui change parfois le regard des autres.
En tant que femme directrice, il est parfois complexe de nouer des relations simples et loyales sans que les gens ne cherchent à "se servir" de votre fonction.
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